Carl Zeiss Jena Werra 2

Le Werra est costaud, d'un bon poids, ferme dans la main et agréable au toucher. C'est même un peu plus que ça. A l'usage, tout ce qui doit bouger bouge avec aisance dans des limites strictement imparties : par exemple, la bague de diaphragme qui est limitée dans sa course par le choix de la vitesse, de sorte qu'on ne peut ni surexposer, ni sous-exposer. A l'inverse, ce qui ne doit pas bouger est fixé solidement dans le cadre d'un assemblage d'une rigueur toute prussienne.

Un examen attentif m'a révélé que le tissu qui recouvre l'ensemble avec élégance est en réalité un simili en plastique aussi vrai que nature. Reste que la cellule me laisse perplexe quant à son usage, à croire même qu'elle ne fonctionne plus très bien sur ce modèle. Mais elle n'est pas couplée et n'empêche nullement de procéder soi-même au réglage idoine.

Le plus amusant est le système d'armement constitué de la grosse bague, au plus près du boîtier. Il faut tourner d'un bon quart de tour pour armer et entraîner le film. L'objectif est un Tessar (marqué simplement "T" en raison de bisbilles commerciales) 50mm 1:2.8.

 

Le mot "Werra" (prononcez "Verra") désigne une rivière qui traverse trois länder (Thuringe, Hesse et Basse-Saxe) en plein coeur de l'Allemagne. Cet appareil a été assemblé en RDA à la fin des années 50 par la firme Carl Zeiss Jéna (à ne pas confondre avec Carl Zeiss devenu Zeiss Ikon à l'Ouest). Carl Zeiss Jéna produisait pour le marché de l'Ouest et l'on ne peut s'empêcher de voir, dans le nom de l'appareil, une discrète référence à la frontière séparant les deux Allemagnes.