Vito BL

Avec 600 grammes sur la balance, le Vito Bl offre un rappord taille/poids interessant et rassurant. Les matériaux utilisés sont de très grandes qualités et les assemblages sont d'une grande précision. C'est simple : il n'y a aucun jeu, que ce soit sur le boitier lui-même ou sur l'objectif. Pour autant, tout ce qui doit bouger et/ou coulisser se laisse entraîner sans effort, dans des courses qui sont parfois un peu longues. Au toucher, l'appareil est très agréable et inspire tout de suite confiance.

L'appareil de face arbore un objectif 50mm f3.5 type color-skopar (formule Tessar) dont le fût comporte trois bagues : mise au point (de 1m à l'infini, comptez 3/4 de tour) ; le réglage d'ouverture (de f3.5 à f22) et la bague de sélection de vitesse de 1/300e à la pose B. Enfin, la façade s'orne d'un large viseur sans marque ou cadre et d'une cellule au sélenium sous laquelle est sérigraphié le logo de la marque.

Le levier d'armement a une course assez longue qui le ramène jusque sur le devant de l'appareil et il n'est pas possible  de déclencher si un film n'est pas présent, car ce sont les perforations du film qui entraînent les ergots qui arment le déclencheur. C'est bon à savoir si vous souhaitez vérifier le bon fonctionnement de l'appareil sur le stand d'un vendeur : sans doute fonctionne-t-il quand même, bien que le déclencheur ne réponde pas à vos sollicitations. Notons au passage que le compteur de vue est dégressif : il faut le régler dès le départ avec le bon nombre de poses que compte le film (12, 24, 36).

La semelle comporte une trappe qui s'ouvre à l'aide d'un loquet (un quart de tour) qui libère la cartouche du film et qui permet d'ouvrir le dos, ainsi l'ouverture accidentelle est absolument impossible. Le rembobinage du film est, paradoxalement, la partie la moins aisée à l'usage : un bouton sur le côté gauche (vue de dos) libère un pivot (sans aucune manivelle...) que l'on fait tourner sur lui-même, sauf que la bobine réceptrice a une nette tendance à résister à l'effort, ce qui n'est pas forcément de bonne augure pour le film. Peut-être un point de fatigue spécifique de mon exemplaire ?

Enfin, le dessus de l'appareil comporte 5 éléments distincts : le déclencheur ; le nom de l'appareil ; le sabot de flash (prise synchro sur le côté de l'objectif) ; le fameux pivot sans manivelle qui s'orne d'inscriptions ésotériques en rouge et noir selon le type de film (couleur, n&b), et surtout la cellule BEWI que l'on actionne avec un bouton situé sur l'arrière, au-dessus du levier d'armement. Sans grosse surprise vu son âge (l'appareil date de 1956), elle ne fonctionne plus sur cet exemplaire et donne des valeurs totalement aléatoires. Dans l'idéal, une pression sur le bouton permet d'afficher le bon couple ouverture/vitesse selon la sensibilité du film (asa et din).

En définitive, un appareil bien agréable, bien que pas toujours aisé d'usage.

Les plus : robustesse et qualité de construction, piqué de l'objectif, cellule (quand elle fonctionne encore...), viseur large, retardateur, aspect global.

les moins : viseur non collimaté, pas de télémètre, système de rembobinage peu pratique.